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  • Qu'est-ce que le "ski nordique" ?


  • "Les Championnats du Monde Junior de Ruhpolding" par Jean-Guillaume Béatrix




  • Après 10h de bus, nous arrivons à Ruhpolding, dans l'hôtel qui accueille habituellement les seniors pendant leur Coupe du Monde. Les gens que nous croisons sont fans de biathlon, et certains de l'équipe de France exclusivement. On nous offre des porte-bonheurs, ...

    Premier jour : entraînement officiel

    Nous skions sur une piste que nous avons vu à la télé, c'est assez magique. On reconnait nos boucles respectives en rêvant un peu devant l'immensité du stade. Le soir, cérémonie d'ouverture, les tribunes sont remplies de passionés.

    Sprint : 9/10, 8ème a 50 secondes du 1er

    Je n'ai pas une très grande forme en ski, je me déçois un peu sur la piste. Je sors aussi la 1ère balle couché, un peu à cause de la peur. Je libère un peu le reste de mon tir, laisse sortir les balles avec plus de relâchement et les autres palettes basculent. Au final, je suis un peu déçu de mon tir, mais surtout de mon état de forme. Rien n'est fini, il reste 3 courses.

    Poursuite : 17/20, 4ème

    Il y a beaucoup de vent, ce qui rend la course très ouverte. La forme en ski n'est toujours pas là, mais ce n'est pas le plus important, aujourd'hui, il faut mettre les balles. Je pars 8ème, fais une pénalité au 1er tir, et gagne une place. Suivent deux sans-fautes, et je ressors 3ème du pas de tir, à 7 secondes du 2ème, il reste un tir. Je fais deux pénalité, je m'en mords les doigts, et je ressors 4ème du pas de tir, ca sera ma place à l'arrivée. Un gros regret sur mon dernier tir, qui me coute la médaille tant convoitée. Le soir, Martin et moi sommes en réunion avec tout le staff qui, un peu déçu, attend une réaction de notre part.

    Entraînement

    J'ai été malade cette nuit, une gastro. Pleins d'athletes et des coachs aussi sont souffrant. Je suis un zombie à l'entraînement, et j'ai le moral un peu atteint. Je décide de préparer pour le lendemain une course à mon meilleur niveau "avec les moyens du bord". Le fait de me sentir diminué met de coté mes rêves de médailles, et je me libère d'une pression qui me pesait jusque là. J'ai a nouveau mal au ventre dans la soirée.

    Individuel

    La matinée est longue, je la passe au lit, déja tout habillé. Le départ est donné à 13h. Je pars très prudemment, et je fais une pénalité au 1er tir, ce qui me place très loin au temps intermédiaire. Je ne pense même pas à un podium. Suivent trois passages au tir sans rater une seule cible. On m'informe dans ma dernière boucle que je joue la gagne, et surtout que ça se joue à la seconde. Je donne tout. Mon dernier tour sera mon plus rapide. Je m'effondre sur la ligne, j'ai envie de dormir. Le russe Shipulin arrive 6/10èmes derrière moi, je suis champion du monde et je n'ai même pas d'énergie pour laisser exploser ma joie. Martin est 8ème,il me félicite. Je suis un peu déçu pour lui. Tout le staff vient me congratuler. Je leur dois tout. Suit la cérémonie de remise des fleurs, le stade m'applaudit, le moment est magique. "Der weltmeister, Jone Guyame Bayatric !" La cérémonie sera le lendemain, après la course des filles. Je me couche tôt, et je dors comme un bébé.

    Remise des médailles

    Chez les jeunes, Ludwig est 1er, Mathieux Souchal 3ème. J'écoute la Marseillaise de Ludwig. Puis vient mon podium. On me remet ma médaille, on entend la Marseillaise à nouveau. Le moment est tres émouvant.

    Entrainement

    Les quatres relayeurs s'entraînent ensemble. On tente de forger un esprit d'équipe que je trouvais plus absent jusque là. J'ai l'impression de retrouver un peu de fraîcheur en ski. Pour le tir, je suis confiant.

    Relais

    Je ne regarde pas la courses de mes coéquipiers. Je ne veux pas stresser pendant leurs courses. Je me concentre sur la mienne autant que possible. Rémi me passe le relais en 4ème position, plus d'une minute derrière les 3èmes. Dans ma position, je n'ai plus grand chose à perdre. J'attaque un peu mes tirs, et je fais une pioche à chaque passage. A la sortie de mon tir debout, je n'ai plus d'énergie. On m'annonce le retour de l'autrichien Landertinger. Je le connais, et je connais aussi son niveau en ski, surtout sur les dernières boucles... Il n'a aucune pitié pour moi et me dépasse à une vitesse impressionante dans la grosse bosse, je finis 5ème. Mes coéquipiers m'attendent dans l'aire d'arrivée. "Tu ne pouvais rien faire, il était vraiment rapide, Landertinger"

    Ces championnats me laissent un incroyable souvenir au niveau de l'ambiance, et du site qui est mythique quand même. J'espère y revenir souvent, et le plus rapidement possible pour tenter de m'exprimer sur cette piste que j'apprécie, avec un meilleur état physique. Maintenant je vais me reposer un peu et tenter de retrouver rapidement mon niveau en ski pour faire encore de belles courses cet hiver.

    Jean-Guillaume Marie-Laure